Les entreprises investissent massivement dans leurs pare-feux, leurs antivirus, leurs solutions de détection et leurs systèmes d’authentification. Pourtant, une attaque peut parfois contourner toutes ces protections avec une méthode beaucoup plus simple : convaincre un collaborateur de faire ce qu’il ne devrait pas faire.

Cliquer sur un lien, ouvrir une pièce jointe, communiquer un code, valider un virement ou répondre à un faux dirigeant peut suffire à donner aux cybercriminels l’accès à des informations sensibles ou à déclencher une fraude.

Pourquoi le facteur humain reste-t-il un risque majeur pour la cybersécurité des entreprises ?

Pourquoi le phishing fonctionne-t-il encore en 2026, malgré des années de sensibilisation ?

Et surtout, comment protéger ses collaborateurs contre les nouvelles techniques d’ingénierie sociale ?

Le phénomène n’est pas nouveau, mais il évolue rapidement. En 2025, l’hameçonnage représentait encore un tiers des demandes d’assistance enregistrées par Cybermalveillance.gouv.fr. Chez les professionnels, le piratage de comptes est même devenu la première menace recensée.

En 2026, les attaquants disposent par ailleurs de davantage d’informations pour personnaliser leurs scénarios : données issues de fuites, réseaux sociaux, informations disponibles sur les sites d’entreprises ou encore outils d’intelligence artificielle. Un faux e-mail du dirigeant, une demande de changement de RIB ou un message prétendant provenir du service informatique peuvent ainsi sembler parfaitement légitimes.

Comment réduire le risque humain en entreprise sans transformer les collaborateurs en suspects permanents ? La réponse passe par la sensibilisation, mais aussi par des procédures adaptées, des outils de protection et une culture du signalement.

C’est précisément l’objectif de ID Protect : aider les entreprises à mieux comprendre les mécanismes d’usurpation d’identité, de phishing et d’ingénierie sociale afin de renforcer la vigilance de leurs équipes.

Le problème n’est donc plus simplement de savoir si un salarié va cliquer sur un mauvais lien. Il faut comprendre pourquoi il pourrait le faire, et surtout lui donner les moyens de reconnaître la menace avant qu’elle ne devienne un incident de sécurité.

Le facteur humain est-il vraiment la première faille de sécurité ?

Parler de « faille humaine » est pratique, mais quelque peu trompeur.

Un collaborateur n’est pas une vulnérabilité informatique. C’est une personne qui travaille dans un environnement où elle doit quotidiennement répondre à des e-mails, gérer des fournisseurs, traiter des factures, communiquer avec des clients et prendre des décisions parfois dans l’urgence.

C’est précisément cet environnement que les attaquants cherchent à exploiter.

Le social engineering, ou ingénierie sociale, consiste à manipuler une personne pour obtenir une information, un accès ou une action. L’attaquant ne cherche alors pas nécessairement à contourner une protection technique : il cherche à convaincre quelqu’un de la contourner lui-même.

Le rapport 2025 de Verizon estimait ainsi que 60 % des compromissions analysées impliquaient un facteur humain, notamment via l’ingénierie sociale ou les erreurs. Dans son édition 2026, Verizon constate par ailleurs une progression des attaques d’ingénierie sociale sur mobile, avec des scénarios de plus en plus éloignés du simple e-mail de phishing traditionnel.

La conclusion à en tirer n’est donc pas qu’il faut « surveiller les salariés ».

Il faut donner aux collaborateurs les moyens de reconnaître les situations anormales et de les signaler sans hésitation.

Pourquoi le phishing fonctionne encore en 2026

On pourrait penser que les années de campagnes de sensibilisation ont rendu les collaborateurs beaucoup plus difficiles à tromper. Pourtant, le phishing reste extrêmement efficace.

La raison est simple : les attaques ont changé.

Le vieux message rempli de fautes d’orthographe annonçant que vous avez gagné une somme d’argent a progressivement laissé place à des scénarios beaucoup plus crédibles.

Un salarié peut désormais recevoir :

« Bonjour Thomas, je suis actuellement en déplacement. Peux-tu effectuer ce paiement avant 15h ? C’est assez urgent. »

Ou :

« Bonjour Claire, nous avons besoin de ton nouveau RIB pour mettre à jour le dossier fournisseur. Peux-tu me confirmer les coordonnées ci-dessous ? »

Ou encore :

« Votre compte Microsoft va être désactivé. Connectez-vous ici pour conserver votre accès. »

Le message peut reprendre le nom du dirigeant, le nom d’un fournisseur réel, le logo de l’entreprise ou des informations parfaitement exactes sur l’organisation.

Cybermalveillance.gouv.fr constate d’ailleurs que les campagnes de phishing deviennent plus personnalisées et diversifiées, notamment grâce aux informations personnelles disponibles après des violations de données.

Les cybercriminels exploitent surtout la confiance

L’une des grandes forces de l’ingénierie sociale est de ne pas demander à la victime de faire quelque chose d’inhabituel.

Au contraire, l’action demandée ressemble souvent à une tâche parfaitement normale.

  • Un comptable effectue des virements.
  • Un commercial ouvre des documents clients.
  • Un responsable RH échange avec des candidats.
  • Un dirigeant valide des paiements.
  • Un salarié se connecte à Microsoft 365.

Le cybercriminel n’a donc qu’à insérer une demande frauduleuse dans un processus professionnel parfaitement légitime.

Il peut ensuite ajouter trois ingrédients particulièrement efficaces :

  1. L’autorité : « Je suis le directeur général. »
  2. L’urgence : « Il faut que ce soit fait avant 16 heures. »
  3. La confidentialité : « Je suis en déplacement, ne mets personne en copie. »

Plus le scénario correspond aux habitudes de travail de la victime, plus il devient difficile à identifier comme frauduleux.

Les nouveaux scénarios qui ciblent les entreprises

Le phishing classique reste présent, mais les attaques les plus préoccupantes sont souvent celles qui imitent directement les relations professionnelles.

Parmi les scénarios à surveiller :

  • faux dirigeants ;
  • faux fournisseurs ;
  • faux clients ;
  • faux candidats ou faux recruteurs ;
  • faux services informatiques ;
  • faux organismes bancaires ;
  • faux collaborateurs ou partenaires.

L’attaquant peut également combiner plusieurs informations récupérées en ligne pour construire un scénario extrêmement crédible.

C’est notamment ce qui explique la progression des attaques de prétexting, dans lesquelles le cybercriminel invente une situation suffisamment cohérente pour obtenir une information ou provoquer une action.

Fraude au président : quand le faux dirigeant donne ses ordres

virement urgent usurpation

La fraude au président est l’un des exemples les plus connus d’exploitation du facteur humain.

Le principe est simple : un fraudeur se fait passer pour le dirigeant ou un responsable de l’entreprise et demande à un collaborateur d’effectuer un virement.

Le scénario peut être extrêmement travaillé.

Le fraudeur connaît :

  • le nom du dirigeant ;
  • son poste ;
  • les noms des collaborateurs ;
  • les fournisseurs habituels ;
  • les périodes de déplacement ;
  • les habitudes de communication de l’entreprise.

Il peut même commencer par compromettre la boîte e-mail d’un collaborateur afin d’observer les échanges avant de passer à l’action.

La demande frauduleuse arrive alors au moment où elle semble la plus crédible.

Le problème n’est pas que le salarié ne connaît pas les règles. C’est que toutes les informations dont il dispose semblent confirmer que la demande est légitime.

Faux fournisseur : le changement de RIB qui peut coûter très cher

Autre scénario particulièrement dangereux : la fraude au changement de coordonnées bancaires.

L’entreprise reçoit un e-mail semblant provenir d’un fournisseur réel : « Nous avons changé de banque. Merci d’utiliser désormais ce RIB pour vos prochains règlements. »

Le collaborateur met à jour les coordonnées dans le système comptable.

Quelques jours plus tard, une facture importante est réglée.

Mais l’argent ne va pas au fournisseur.

Il arrive sur le compte contrôlé par les fraudeurs.

Cette attaque peut être réalisée à partir d’une simple usurpation d’identité ou, dans les scénarios les plus sophistiqués, après la compromission d’une boîte e-mail permettant aux attaquants de suivre les échanges entre l’entreprise et son fournisseur.

La règle essentielle est donc de ne jamais considérer un changement de RIB comme une simple formalité administrative.

Toute modification doit être vérifiée par un canal indépendant, en contactant directement le fournisseur avec ses coordonnées habituelles.

Compromission d’un compte salarié : une porte d’entrée vers l’entreprise

Le compte d’un collaborateur peut également devenir une véritable porte d’entrée vers le système d’information.

Un salarié reçoit un faux message Microsoft 365, clique sur un lien et saisit ses identifiants.

Le pirate récupère alors ses accès.

À partir de là, il peut potentiellement :

  • consulter ses e-mails ;
  • récupérer des documents ;
  • accéder à certaines applications ;
  • identifier les interlocuteurs de l’entreprise ;
  • préparer une nouvelle campagne de phishing ;
  • utiliser le compte compromis pour se faire passer pour le salarié.

Cybermalveillance.gouv.fr indique que le piratage de comptes est devenu la première menace visant les professionnels et que l’ingénierie sociale est fréquemment impliquée dans ces compromissions.

Le problème dépasse donc largement le compte individuel : un collaborateur compromis peut devenir le point de départ d’une attaque plus large contre l’organisation.

Comment réduire le risque humain ?

La première réponse consiste évidemment à former les collaborateurs.

Mais une formation efficace ne doit pas simplement expliquer : « Ne cliquez pas sur les liens suspects. »

Elle doit apprendre aux équipes à raisonner face à une situation inhabituelle.

Par exemple :

  • Une demande urgente : Pourquoi me demande-t-on cette action maintenant ?
  • Une demande inhabituelle : Est-ce réellement une procédure utilisée habituellement dans l’entreprise ?
  • Un changement de coordonnées bancaires : Ai-je vérifié cette information par un autre canal ?
  • Une demande provenant d’un dirigeant : Est-ce bien lui qui m’écrit ?
  • Un message informatique : Est-ce que je peux vérifier cette alerte directement depuis l’application concernée plutôt qu’en utilisant le lien reçu ?

L’objectif n’est pas de rendre les salariés méfiants de tout. Il est de leur apprendre quand ils doivent s’arrêter et vérifier.

La formation des collaborateurs ne suffit pas à elle seule

La sensibilisation est indispensable, mais elle doit être accompagnée de procédures et de protections techniques.

Une entreprise peut notamment mettre en place :

  • l’authentification multifacteur ;
  • des règles strictes concernant les paiements ;
  • une double validation des changements de RIB ;
  • des procédures de vérification pour les demandes urgentes ;
  • des mécanismes de signalement simples ;
  • une limitation des droits d’accès ;
  • des sauvegardes régulières ;
  • une surveillance des comptes compromis.

Il faut surtout créer une culture du signalement.

Un salarié qui pense avoir cliqué sur un lien frauduleux doit pouvoir prévenir immédiatement le service informatique ou son responsable. L’objectif ne doit pas être de chercher un coupable.

Un collaborateur qui signale une erreur cinq minutes après l’avoir commise peut permettre d’éviter une compromission majeure.

Le facteur humain doit devenir un élément de votre stratégie de cybersécurité

La cybersécurité d’une entreprise ne repose plus uniquement sur ses équipements et ses logiciels.

Elle repose énormément sur les personnes qui utilisent quotidiennement les systèmes d’information.

Les attaquants l’ont parfaitement compris : Ils peuvent passer des semaines à observer une organisation, récupérer des informations sur ses collaborateurs, identifier ses fournisseurs et comprendre ses processus avant de lancer une attaque.

La meilleure protection consiste donc à combiner technologie, procédures et sensibilisation.

Et surtout à ne pas considérer le collaborateur comme « la faille ». Il doit au contraire devenir un véritable capteur de sécurité capable de détecter et de signaler les comportements suspects.

ID Protect : former vos collaborateurs face aux nouvelles techniques de fraude

Une entreprise peut disposer des meilleurs outils de cybersécurité et rester vulnérable si ses collaborateurs ne savent pas reconnaître une tentative d’usurpation ou d’ingénierie sociale.

ID Protect accompagne les entreprises dans la sensibilisation de leurs collaborateurs aux risques liés à l’usurpation d’identité, au phishing et aux nouvelles formes de fraude.

L’objectif : apprendre aux équipes à identifier les signaux d’alerte, vérifier une demande inhabituelle et adopter les bons réflexes avant qu’une erreur ne devienne un incident de sécurité.

Parce qu’en 2026, former ses collaborateurs n’est plus seulement une action de sensibilisation : c’est un véritable investissement dans la sécurité de l’entreprise.

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