1,18 million de fichiers exposés : 11 agences immobilières attaquées pour 500 Go de données utilisateurs
Copies de cartes d’identité, avis d’imposition, justificatifs de revenus, coordonnées bancaires, cautions… Le secteur immobilier concentre aujourd’hui l’un des volumes de données personnelles les plus sensibles de la vie quotidienne.
Lorsqu’elles circulent mal, ces informations deviennent un vecteur privilégié d’usurpation d’identité, en particulier via les dossiers de location.
Malheureusement, une récente fuite massive revendiquée sur Breach Forum fait état de plus de 500 Go de données et 1,18 million de fichiers issus d’agences immobilières françaises.

Derrière ces chiffres, ce sont des milliers de propriétaires, de locataires, de garants et de professionnels qui voient leur identité exposée — parfois sans le savoir, parfois longtemps après la constitution de leur dossier.
Chez ID Protect, nous observons depuis plusieurs années que les dossiers immobiliers figurent parmi les premières sources de fraudes à l’identité. Non pas parce que le secteur serait plus négligent que d’autres, mais parce qu’il repose sur des documents complets, authentiques et difficiles à remplacer. Une fois exposés, ces éléments peuvent être réutilisés, combinés ou détournés à des fins frauduleuses, bien au-delà du cadre immobilier.
Cette affaire n’est donc pas un simple incident technique. Elle met en lumière un risque structurel : plus les données sont nombreuses, plus les conséquences d’une exposition sont graves.
Une fuite de données immobilières d’ampleur inédite
Parmi les structures citées figurent notamment Orpi AFG Immobilier, Trenta Immobilier, Marteau Immobilier, Aix La Duranner Immo, BLG Patrimoine, BLG Patrimoine ou encore SB Immobilier, ainsi que d’autres acteurs de la gestion locative et de copropriété.
Les chiffres avancés sont considérables :
- 1 183 761 fichiers exposés,
- au moins 20 000 personnes concernées,
- des archives couvrant une période longue, de 2015 à 2026.
À ce stade, aucune confirmation officielle n’a été communiquée par les agences concernées ni par la CNIL. Mais le volume et la nature des données évoquées suffisent à qualifier cet incident de majeur pour le secteur immobilier français.
Pourquoi ces données sont particulièrement dangereuses
Contrairement à une idée reçue, les données immobilières ne se limitent pas à des informations “administratives”.
Les fichiers de gestion locative et de transaction contiennent souvent l’essentiel d’une identité complète :
- copies de cartes nationales d’identité,
- avis d’imposition et justificatifs de revenus,
- coordonnées bancaires,
- documents de caution ou de garantie,
- adresses personnelles et professionnelles,
- informations sur les proches et les garants.
Autrement dit, tout ce dont un fraudeur a besoin pour usurper une identité, constituer de faux dossiers ou monter des escroqueries crédibles.
Dossiers de location : le carburant numéro un de la fraude
Dans la pratique, les dossiers de location sont l’un des supports les plus utilisés pour :
- créer de faux locataires à partir de vraies identités,
- monter des dossiers entièrement falsifiés,
- louer ou acheter des biens sous une identité usurpée,
- contracter des engagements financiers au nom de tiers,
- exercer des appels indus de caution.
Lorsqu’une base de données immobilière fuit, elle offre aux fraudeurs un matériau particulièrement exploitable : des documents authentiques, souvent récents, cohérents entre eux et difficilement contestables.
C’est ce qui fait du secteur immobilier une cible privilégiée… et un point de départ fréquent des parcours de fraude à l’identité.
Un risque démultiplié par la circulation des fichiers
Autre facteur aggravant : la multiplication des intermédiaires.
Dans l’immobilier, les données circulent entre agences, réseaux, partenaires, co-apporteurs, notaires, gestionnaires, prestataires de services (travaux, ménage, sécurité, syndics, etc.).
Chaque partage augmente la surface d’exposition : Un même dossier peut se retrouver dupliqué dans plusieurs structures, parfois sans contrôle strict, ni visibilité pour la personne concernée.
Résultat : les données se dispersent, restent stockées pendant des années, et deviennent extrêmement difficiles à maîtriser.
Ce que cette affaire doit alerter
Cette fuite rappelle une réalité souvent sous-estimée : la fraude à l’identité commence très souvent dans des contextes “légitimes”, comme une location ou une transaction immobilière.
Propriétaires, locataires, garants, copropriétaires, fournisseurs : tous sont concernés. Et les conséquences peuvent apparaître bien après, sous forme de :
- fraudes financières,
- dettes injustifiées,
- usurpation d’identité durable,
- démarches longues et complexes pour se défendre.
Le rôle d’ID Protect : agir avant, pendant et après
Chez ID Protect, nous observons régulièrement des parcours de fraude dont l’origine remonte à des dossiers immobiliers exposés, copiés ou réutilisés sans que les personnes concernées en aient conscience.
Notre approche couvre l’ensemble du cycle de risque :
- avant, en identifiant l’exposition de données personnelles et les zones de vulnérabilité ;
- pendant, en détectant les usages frauduleux ou anormaux de l’identité ;
- après, en accompagnant les démarches, la sécurisation et la reprise de contrôle.
Car dans l’immobilier comme ailleurs, une identité compromise ne s’arrête jamais à un seul usage : Elle circule, se revend, se recycle. Et plus elle est complète, plus elle est dangereuse.
Vous pensez être victime d’une fraude à l’identité immobilière ou bien vous souhaitez vous prémunir du danger d’usurpation ?
Contactez sans attendre nos experts en protection de votre identité.